L’Hivernale tient toujours ses promesses

Le premier rendez-vous de l’année nous avait été fixé par ChocoBob sur l’Hivernale de Larchant. Loin d’une découverte pour nous ce devait être une première pour Aurélien et lui. Malheureusement, ou pas, le destin de sportif de haut niveau est parfois parsemé d’embuches. Le plus téméraire d’entre-nous se trouvait donc immobilisé à la maison, bichonné par maman. Comme dans les plus grandes équipes, nous avons au RAID un banc de touche bien garni et c’est Stéphane qui se chargea de chausser les crampons ou plutôt les cales, pour procéder au remplacement.

Nous avions décidé de partir la veille afin d’être frais et dispos aux aurores pour affronter le diabolique parcours tracé par les blaireaux. Départ prévu à 16h00 pour Aurélien, Arnaud, Guitou et Reynald, je devais rejoindre notre romancier afin de démarrer à 16h30. Parvenu à Reims, vers 17h00 je prends des nouvelles de notre second équipage. Celui-ci vient de décoller, l’appel du houblon ayant été plus fort que celui du sentier. Je vous passerai l’épisode de l’hôtel converti en centre d’accueil pour migrants, des chambres pourries, des douches froides et des voitures passant à 20 mètres de nos fenêtres pour ne retenir que la soirée d’anniversaire de Guitou et de son plaisir de se voir présenter en grandes pompes par les sympathique serveuses du Buffalo Grill un gâteau d’anniversaire. La soirée n’était pas terminée pour lui, non pas qu’il ait fini la nuit avec les serveuses mais qu’il devait remettre son vélo en état avant le départ du lendemain matin.

Il fait encore nuit quand nous levons le camps. Pendant que nos quatre lascars chargent le porte-vélos, j’avance avec Stéphane pour récupérer les plaques. Nous nous rejoignons sur la patûre servant de parking. Aurélien n’ayant pas pu se soulager avant de partir, nous indique qu’il rejoint les lieux d’aissance. De retour après seulement quelques secondes nous imaginons qu’il n’a pu serrer ses sphincters assez longtemps. Malheureusement pour nous et heureusement pour lui, la vérité est toute autre. Une roulette du dérailleur a fait des siennes. Guitou toujours prompt à sortir son petit outil remédie au problème en quelques minutes. Nous démarrons et cette fois c’est Stéphane qui se rend compte que son pneu arrière est à plat. Nous différons une nouvelle fois notre envol… Enfin parvenus sur la ligne de départ (prévu à 8h00, il est déjà 8h30) nous nous rendons compte qu’Aurélien se tord dans tous les sens. Nous lui proposons d’aller se soulager, ce qu’il s’empresse d’aller faire.  Nous finissons par décoller il est 8h40, non sans que le starter après nous avoir demandé si nous étions déjà venus et précisé que c’était comme les autres années mais en plus dur !

Les premiers kilomètres sont une pure montée d’adrénaline, ça grimpe fort, ça descend tellement fort qu’on a souvent l’impression de chuter. Ca tourne fort et souvent. C’est tellement intense que ça ressemble plus à un manège à sensation qu’a du VTT. Mais p….. que c’est bon ! Vu la tête d’Aurélien c’est sur qu’il ne s’attendait pas à ça. Celui qui n’a jamais testé l’Hivernale ne peut pas se l’imaginer. Après la zone de montagnes russes nous avons quelques hectomètres pour nous détendre avant d’attaquer une autre zone technique avec cette fois quelques portages. Nous passons près des carrières, « pour la vue » comme l’avait affiché les blaireaux, avant d’attaquer  la partie qui nous a inspiré « notre » Larchant. Si la notre vous épuise, vous multipliez pas quatre la distance et vous aurez une idée de ce passage : plus de 7 kilomètres de singles tournoyants. Accompagné d’Aurélien, je décline l’option expert sachant que je serai à pieds. Choix judicieux confirmé pas mes compères. Un gros secteur physique se présente à nous nous amenant au sommet de la Aie, aie, aie. Stéphane et Guitou tentent de couper les ascensions à répétition, mais n’aboutissent nulle part et doivent se résoudre à souffrir comme le reste du troupeau. Nous déclinons l’offre de la descente de la dune pour choisir l’option couard mais que nous trouvons beaucoup plus ludique.

Ce deuxième secteur commence fort tant au niveau du parcours que des incidents de course : coincement de chaine entre le grand pignon et les rayons pour Aurélien, fuite d’air à la valve pour Stéphane. Stéphane fatigué de pomper comme les amis de Claude Piéplu, fini par mettre une chambre à air avant de repartir. Les plus assidus à nos récits se demanderont si Arnaud est bien là car celui-ci ne s’est pas fait remarquer par ses incidents mécaniques. Mais si, il était là mais pas d’incident. Et Reynald ? Aussi et pas de chute ! C’est Stéphane qui nous fait l’animation dans ce secteur. Dans un passage technique il se fait bousculer par un fat. Eh oui, fat ca veut dire gros donc il leur faut de la place. La collision a été rude si bien que Stéphane se retrouve avec une roue avant voilée. Le parcours est devenu plus facile. Nous nous attendions à de grandes lignes droites comme lors des éditions précédentes mais cette fois ce sont des singles qui ont été tracés pour notre plus grand plaisir mais cela ne nous permet pas de récupérer. Stéphane commence à fatiguer. Son remplacement de ChocoBob au pied levé ne lui a pas permis de s’entrainer. Et l’Hivernale sans entrainement c’est comme une sodomie sans lubrifiant : ça pique ! Lors d’un arrêt Stéphane se rend compte que son pneu crache tout son préventif. En fait loin d’avoir une roue voilée c’est juste le pneu qui a été mal replacé lors de l’installation de la chambre à air. Bientôt les organisateurs annoncent le programme par ces quelques mots « A PARTIR D’ICI CA MONTE ET CA DESCEND ». C’en est trop pour Stéphane épuisé qui depuis quelques kilomètres déjà avance au moral. Il reste environ 20 kilomètres, nous n’en avons fait que 30. Sans oublier qu’il reste une grande partie du dénivelé. Le retour pour Stéphane se fera par la route. Nous nous pressons de reprendre le chemin avant que l’envie de l’accompagner soit trop forte. Nous ne retrouvons pas un terrain ausi technique qu’au début, ce qui permet à Aurélien et Reynald d’envoyer du lourd. Arnaud reste lui aux avant postes. Le plateau de 32 dents commence à me faire mal aux jambes. J’ai des crampes mais je gère. Guitou est plus cramé qu’une merguez abandonnée sur un BBQ. Nous ne savons pas où nous en sommes car aucun de nos GPS ne donne la même distance. Et si nous avions dû nous fier à nos douleurs, on aurait imaginé avoir franchi la ligne d’arrivée depuis longtemps. Nous parvenons au second ravitaillement. Nous sentons dans les yeux de Guitou une forte attirance pour le ruban bitumé qui jouxte le ravitaillement, mais l’orgueuil est plus fort.

Le décor change du tout au tout. Nous naviguons entre les rochers. C’est magique ! On pourrait se prendre pour des hobbits tellement nous sommes dans un décor irréel. Je comprends mieux pourquoi Frodon et ses potes ont des grands pieds, car malgré des grandes roues c’est dur de grimper et de descendre au milieu de ces rochers. Ceux-ci sont parfois sont si proches les uns des autres que les pédales touchent des deux cotés. Si le premier tronçon était ludique, celui-ci est technico-physique. Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal, si ce sont les montées ou les descentes… du vélo. Si nous avons des trous d’obus dans la forêt d’Elan ce sont ici des trous de bombes atomiques que nous avons à franchir. Nous devons parfois nous entraider afin de pouvoir atteindre le haut. Pour Aurelien rien ne change : ça déraille régulièrement. Arrivant près de notre but nous commençons à regarder dans le rétro et à nous dire que nous pouvions difficilement espérer de meilleures conditions. Nous arrivons enfin à Larchant mais les pervers blaireaux n’ont pas dit leur dernier mot. On tourne à droite et c’est parti pour une nouvelle montée. Je crains la longue côte des moutons avec sa descente au milieu de la patûre, mais en fait il s’agit juste d’une petite boucle dans le bois pour arriver directement au parking. Nous sommes contents de retrouver Stéphane qui nous y attend depuis près de deux heures. Il ne reste pratiquement plus de voitures. Il nous explique que les organisateurs ont annoncé que 120 incrits ne se sont pas présentés en plus des 56 places n’ayant pas trouvé preneurs. Nous avons également vu repartir par la route un nombre important de vététistes. Nous comprenons maintenant pourquoi nous avons souvent roulés seuls. Encore une fois les absents auront eu tort !

Une photo, une petite soupe à l’oignon et… nous reprenons la route. Enfin presque car alors que nous devions suivre Reynald celui-ci reste immobile sur le parking à attendre Aurélien parti… Comme une virée à Larchant ne peut être simple Reynald trop confiant en son GPS mettra une heure de plus que nous pour rentrer.

 

2 thoughts on “L’Hivernale tient toujours ses promesses

  1. Cyril

    J’etais malheureusement pris par une promenade de « futur raidar » junior sur patins à glace de l’autre côté de la forêt de Fontainebleau.
    Après ce super RC ampli de « have to do », je pense que l’agenda de l’annee prochaine va devoir se parer de cette date.
    Bravo à vous les cochons.

  2. Nhrvé

    « MADRE MIA QUE SUERTE » tout comme cyril et après avoir écouté les aventures d’aurélien et les quarantes montées de larchant si la possibilité me permet d’y aller je serai partant pour la prochaine.
    Pour moi option sans formule 1.
    Bravo les raidars

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