Une Vétiflette sauce maroille

Mister Merguez lance l’idée de se rendre à la Vétiflette pour remercier les organisateurs de leur venue à la RPS. La trace ayant été revisitée avec des sous-bois et des passages techniques je rejoins le projet. Cacal et Hervé complètent la liste. Notre initiateur chaud maroille propose la plus grande distance. C’est donc acté pour le 65 Km.

Mister Merguez (ou Mister charrue selon qu’il se positionne à la  verticale ou à l’horizontale) me dépose son bike samedi en fin de matinée. J’en profite pour lui dispenser quelques conseils de nutrition de raidar afin d’aborder dans les meilleures conditions physiques les chemins axonais. Il retient rapidement la leçon et opte pour une Rochefort 10 alors que je me la joue petite en me versant une Redoutable a seulement 9°. Nous échangeons comme 2 mecs autour d’une choppe. Aussi, je n’apporterai pas plus de précisons. 

Lorsque j’ouvre la porte du garage à 6H25 Cacal est sur le trottoir.  Yannick pointe le bout de son capot quelques secondes plus tard. Après 1H15 de route nous nous retrouvons au guichet de l’hyppodrome de La Capelle pour retirer nos plaques de cadre. Hervé nous rejoint en catastrophe au point d’avoir oublié son casque dans le coffre. 3, 2, 1, partez l’auto-start s’élance et l’ensemble des VTTistes du 65 et 55 aussi.

Après un tour de piste de l’hyppodrome nous passons sous le tunnel avant de rejoindre la route. Chaque carrefour est sécurisé par l’organisation. Nous entrons sur un chemin agricole pour rejoindre les bois. Dès l’entrée sous les feuillages le sol devient glissant. Il faut jouer des coudes pour s’ouvrir un passage entre les bauges. Recrépi rapidement je choisis les trous d’eau boueuse dont l’odeur permet de constater  que Fauquet affine depuis 1925 ses maroilles par immersion. Certains participants, ne pouvant attendre  le retour à La Capelle pour retirer leur fromage à l’odeur caractéristique des Hauts de France, se jettent de tout leur long dans les marres en quête du Saint-gras. L’appel du Munster du 1er week-end de juillet m’évite de justesse de les imiter. Si KHOUCHTCHEV se fit livrer en Russie dès 1960 ce lait fermenté du nord utilisé selon ma légende comme produit à inhalation chez les cousins et grand oncle de Causette, Mister Merguez aurait dû se faire livrer des pneus neufs ce week-end de pentecôte 2019. En effet, la roue arrière du jeune raidar est recouvert d’un pneu aussi lisse que le crane d’Arnaud (désolé Arnaud mais en l’absence désormais de casse mécanique ou de chute suite à un oubli de déclipsage je suis obligé de recourir à des coups certes bien bas pour parler de toi). Imaginez Yannick chanter sur un air de Renaud Mister Merguez Mister Charrue le nez dans la bouillasse, la selle à l’envers et le cintre cherchant le nord.

Hervé prend de temps à autres les avant-postes pour jouer de l’appareil photo. Cacal quant à lui retrouve courageusement les joies du 2 roues musculaire. Je fais le yoyo entre l’avant et l’arrière poste pour maintenir le groupe. A quelques Km du 1er ravito je me lance dans une échappée. Arrivé sur place salé, sucré, compote, jus de fruit, etc nous tendent les 4 bras. Après avoir pris 5 Kg pour certains nous regagnons les selles. Un single ludique s’offre rapidement à nous. Dans un gauche à 90° une belle montée bien grasse surprend Yannick en tête du groupe. Alertés nous avons le temps d’employer les grands pignons. Le parcours devient plus vallonné. Les grimpettes s’accentuent. Une d’entre elle taillée dans du  savon de Marseille accroît sa longueur. En plus de trouver l’adhérence il faut se frayer un passage entre les VTTistes à pied et les crevasses. J’arrive en haut sur le vélo. Une fois sur le plat toujours aussi gras je me déconcentre et fais un travers magistral qui m’oblige de mettre semelle à terre. Cacal est freiné par une ornière et Yannick en est à 20km de tour de roue sur place.

Quelques chemins permettent de se reconstituer. Nouvelle grimpette grasse arrive pour déployer nos cuisses et mollets. En son milieu il faut franchir un trou. Le participant me précédant s’y retrouve de travers et se mange une boite. Je l’aide à se remettre sur ses 2 jambes et de ses douleurs. Je tente de repartir mais l’absence de motricité m’oblige à me résigner. Hervé ne pourra capturer en vidéo qu’un Choco-marcheur. Je pars dans un vol solitaire le 2d ravito étant proche. Une VTTiste me double. Ce point de mire me permet d’accélérer. Nous finissons par échanger sur la Vétiflette. Ma compagnone est en manque de coup de cul et de grimpette. J’en profite pour lui vendre notre RPS. Le ravitaillement nous sépare. Cacal prend des poses peu orthodoxes pour virer la boue de son Cube. Indétachable de son destrier c’est à 3 que nous immortalisons cette vétiflette avec l’emblématique vache. Pour cette édition 2019 l’animal a perdu la tête dans sa voiture. C’est donc avec un bovin à tête humaine que nous posons pour la photo souvenir.

Après un certain nombre de mètre de dénivelé positif nous nous regroupons. Je demande comment se sent chaque raidar. Chacun a la forme. Restant une vingtaine de Km je propose d’exploiter nos dernières forces la trace devenant bientôt commune à plusieurs parcours et donc logiquement assez roulante. C’est parti pour un tirage de bourre. N’vé part devant. Je le suis et le recolle dans une montée avant de le passer. Il me repasse en bas de la descente. Dans les faux plats montant nous sommes roue dans roue. Ca suce. Si je sens son chaud souffle dans mon cou je sens aussi sa langue se ramollir. Je reprends un peu d’avance puis en reperds dans une descente dans laquelle le Pivot part à gauche même lorsque je tourne le cintre à droite. Hervé joue son va-tout en lâchant les freins. Je profite d’une longue montée rendue technique par des rigoles, des pierres et autres pièges pour porter l’estocade. J’accélère (ou je tente). A 2 ou 3 reprises je reste sur les pédales par je ne sais par quelle opération de Saint-Roger. Je reste motivé sur le plat qui suit. Plus d’Hervé en vue. J’apprendrai plus tard qu’à bout de force il a fait le choix de s’arrêter pour s’empiffrer dans une confusion géographique une tartiflette. Je termine à bloc.

J’attends sur la ligne d’arrivée mes co-équipiers. Hervé franchira la ligne blanche 25 minutes plus tard. Cacal compte 50 minutes de retard mais satisfait de finir et de ne pas avoir lâcher. Quand à Mister Mer-rue (contraction de merguez et de charrue), ayant perdu une cale de pédale automatique tournant ainsi dans les derniers Km sur une jambe, se voit avec 60 minutes à son compteur dans un final au courage comme on lui connait.

Seul Yannick part se refaire une beauté du zgeg dans les douches des jockeys. Nous retirons notre maroille et cadeau souvenir avant d’avaler une tartine au … (devinez à quoi !) et de descendre une des rares bières restantes. Nous avons une pensée pour nos 3 valeureux raidars crapauds qui ont enfin touvé le repos.

Une belle virée chez nos cousins du 02, une trace agréable avec un finish physique, Un sol digne de la RPS 2019, un fléchage impeccable et une organisation parfaite.

 

 

 

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