STL VTT #1 J’y étais !

Après ma participation au Lyon Free VTT il y a deux ans, je reçois régulièrement des infos de la part de l’organisateur ExtraSports. Cette société est l’organisatrice de la Saintélyon (STL pour les intimes : Saint-Etienne – Lyon) la plus grande course nature de l’hexagone en terme de participants qui à la particularité de se courir de nuit et au mois de décembre. Quand je découvre dans ma boite mail l’info comme quoi cette manifestation est déclinée au VTT, il ne m’en faut pas plus pour caler une journée à Lyon sur la route des vacances.
Le jour J je me présente aux inscriptions à 14h00 afin de retirer mes sésames : plaque de cadre et ticket pour la navette. Un tour sur les stands des partenaires pour récupérer des cadeaux et investir dans une Spaninga Thor sur laquelle je lorgnais depuis quelques temps. Rendez-vous est fixé vers 18h00 pour charger le spad dans un camion et prendre le bus. Quand j’arrive, après avoir mangé quelques gâteaux, j’hallucine ! C’est 6 semi-remorques qui sont en train d’être chargés et une douzaine de bus pour transporter les participants : moitié pour Sorbiers départ du 71kms et l’autre moitié pour Sainte-Catherine départ du 46kms. Après 20 minutes d’attente mon bébé trouve sa place dans un camion. Pour ma part c’est beaucoup plus facile de trouver une place. A 19h00 nous décollons. Le voyage est long… et le décor est montagneux. Ça promet pour le retour !
A 8h00 le chauffeur nous dépose. Un ravito est prévu pour nous alimenter avant le départ. C’est succinct à l’image d’une course nature ; on n’est pas là pour gueuletonner. Les camions sont longs à arriver. Je m’installe dans l’herbe pour me préparer. Et là c’est le drame, j’ai pris la batterie mais pas la lampe. Je vais devoir faire les 71kms à la frontale avec une lampe de secours sur le cintre. Ça craint ! Quand les camions arrivent enfin c’est encore plus long pour récupérer les vélos. Le dernier aura le sien vers 21h00. Le départ sera retardé le temps d’écouter les discours. Après le départ des e-bike et des chronos en trois vagues les organisateurs lâchent les randonneurs en vagues successivement pour éviter les bouchons, pour ma part il sera 21h37 quand je m’élance.
A peine 500m de parcouru que ça grimpe pendant près de 4 kilomètres. Je roule sans lumière pour économiser mes lampes, mais dès que nous passons en sous bois je dois allumer. Ca bouchonne et je dois mettre pieds à terre pour grimper. Le terrain est couvert de cailloux qui roulent, même à pieds c’est chiant. J’ai l’impression que jusqu’au 15ème kilomètres, à part quelques courts répit, ça ne fait que grimper. Parfois ce sont de petit chemin champêtres, parfois des sentier en sous bois, mais jamais on ne peut rouler à plus de deux de front. Il fait une chaleur de dingue. Le tonnerre qui gronde depuis le départ, fini par nous arriver dessus. C’est un déluge ! En moins de cinq minutes nous sommes trempés alors que nous entamons une longue portion descendante. Au bout de 15 minutes nous sommes gelés. Par moment les descentes sont très hard, à l’image de ce que j’ai pu avoir dans les Albères : de la caillasse dans tous les sens. La pluie cesse juste avant l’arrivée au ravitaillement à Sainte-Catherine. Je n’ai jamais vu un ravito comme cela, les barres de céréales, déversées par boites entières, disparaissent en quelques secondes, pareil pour l’ensemble des aliments et des boissons. Les sacs poublelles se sont transformés en tas de détritus de plus d’un mètre de haut. Le froid m’incite à repartir rapidement, même si la motivation est au plus bas.
Les montées sont difficiles, caillouteuses et les descentes très cassantes. De jour je pense que le parcours doit être déjà difficile mais alors de nuit… Nous naviguons à une altitude autour des 900m. Il fait froid. La pluie fera son retour à trois reprises mais pas aussi forte. Bien évidement je n’ai pour toute tenue qu’un maillot. Un participant m’avait annoncer un mur au 30ème kilomètres et ensuite un parcours beaucoup plus facile. En fait le mur fait 4 kilomètres mais derrière ça descend… Je n’ai plus d’avant-bras tellement ça tabasse. La fatigue commençant à me gagner je ne sais plus très bien dans quel ordre les choses se passent.
Dans un virage je râle contre un mec qui me met sa lampe dans les yeux. Finalement il est en train de protéger un concurrent couché sous une couverture de survie. Le parcours devient effectivement plus roulant et plus souvent sur asphalte, ce que j’apprécie pour une fois. Ça grimpe moins souvent mais c’est toujours très raide. Je grimpe pratiquement tout sur le vélo zigzaguant entre les participants à pieds. Dans les descentes je fait le job sans prendre trop de risques contrairement à certains qui me doublent comme des balles. Me voila au second ravitaillement, il reste 22 kilomètres. Pepsi, Tuc, fromage, gel et barre énergétique… je mange tout ce que je trouve. Je repars après avoir changé la batterie de ma frontale qui heureusement éclaire très bien.

La dernière partie démarre par du roulant, puis du bois avec des marches à monter. Une nouvelle descente moins cassante. Une nouvelle montée de marches. J’en enquille une dizaine, je suis cramé et fini à pieds. Une autre descente. J’ai l’impression de me répéter. Nouvelle montée dans une ornière creusée dans la roche. Je suis collé au cul d’une jeune femme en Levo. Trop collé ! Elle tombe et m’entraîne avec elle. Heureusement nous tombons presque debout tellement l’ornière est profonde (presque un mètre). Encore une fois je fini à pieds.
Nous apercevons les lumières de Lyon depuis de longue minutes mais j’ai l’impression que nous contournons par l’ouest. Le parcours plus cool nous permet de discuter un peu. Les passages techniques sont encore bien présents mais plus faciles et moins fréquents. Nous avons le droit à une traversée de rivière. Dans l’état où je suis je fonce. Un de mes compagnons de chemin me dit qu’il a eu une info comme quoi les dix derniers  sont sur la route. Je lui dit qu’il en reste en théorie huit donc ça serait bien que la route arrive car on est cramé. Je crois reconnaître le secteur de Sainte-Foy-les-Lyon. Malheureusement oui ! C’est la montée du fort, c’est sur la route mais interminable et très raide. Tout à gauche pour ne pas poser le pied. Descente dans un parc par un escalier. Tout le monde est à pieds. Je prends à gauche dans la terre. Ça passe.  P…. Ca remonte ! C’est long. C’est dur.  Je zigzague sur la route. Nouvelle volée de marches à descendre. Il y en a trop est ce n’est que du béton.  Je fais comme tout le monde et porte mon vélo. Nous sommes sur les quais. Une montée par les marches métalliques et me voila en bordure de l’autoroute pour traverser la Saône avant de traverser le Rhône. Passage près de la Halle Tony Garnier avant de finir dans le parc de Gerland. Je passe la ligne en 6h03’32 » (d’après Strava).

Je dépose mon vélo au parking surveillé et vais chercher mon sac à la consigne. Je change de maillot et de chaussure avant de manger un morceau et d’envoyer un message sur Facebook : FINI !

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement.

4 thoughts on “STL VTT #1 J’y étais !

    1. Spaderman Post author

      Moi très envie de refaire en mode chrono cette fois pour profiter des grosses montées sans la foule…
      Je sais que je suis cinglé mais j’assume !

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