Le loup et l’agneau vs le lièvre et la tortue

Une fois n’est pas coutume c’est sur une autre montagne que nos chères Ardennes où j’avais décidé d’aller poser mes crampons. Ce choix me paraissait une évidence : le club Rando VTT d’Avenay Val d’Or avait fait le déplacement à Flize au mois d’avril, leur terrain de jeu m’était (presque) inconnu et pour une fois cela permettait à nos presque-marnais de mettre le cap au sud et non pas de venir dans  le NOOOORRRRD !
Comme l’inscription préalable était de rigueur, j’avais il y a quelques semaines envoyé un message pour annoncer mon envie d’échanger la traditionnelle bière d’après rando par une petite coupe. Il est clair que ma proposition ne rencontra pas l’enthousiasme, une grande majorité préférant se laisser abuser par la publicité mensongère de la plus française des randonnées belges. Mais il m’en faut beaucoup plus que cela pour me faire changer d’avis. Catherine, Thierry et nos deux Philippe décidèrent de m’accompagner en la terre avenaysienne. Le couple phrygien ayant décidé de partir sur 50 kilomètres nous restions donc à trois sur la plus longue distance. Mais cela était compter sans le taboulé… L’appareil digestif de Monsieur le Comte peu habitué à la nourriture du peuple déclara forfait.
Après avoir fait le trajet en PTR-mobile histoire de nous endurcir le fessier en vue des quelques heures de selle qui nous attendaient, nous retrouvons les pro du pot devant la table des pré-inscrits en pleine discussion avec une organisatrice peu doté en neurones… Nous apprenons qu’en 2020 les gobelets en plastique seront interdits à la vente. Les organisateurs nous fournissent une éco-cup que nous pourrons garder ou rendre et récupérer un euro. Après une prise de tête pour attacher les plaques avec des colliers trop courts, nous attaquons ensemble le parcours qui s’avère commun jusqu’au 35ème kilomètre. Nous ne sommes pas encore sortis du village que ça grimpe, sur la route pendant quelques kilomètres et très rapidement dans les bois. En quatre kilomètres nous avons le temps de comprendre pourquoi ce coin s’appelle la Montagne de Reims ! Nous abandonnons les coupe-vents pour continuer en petite tenue. Pour notre plus grand plaisir les organisateurs ont choisi de tracer la majorité du parcours sur le plateau. Single, racine et boue s’enchaînent avec single, racine et boue jusqu’au premier ravitaillement. Thierry sur nos conseils décide de baisser la pression de ses pneus et de ceux de madame.  Florian, tel Phaëton, nous rejoint, nous expliquant s’être décidé tard dans la soirée d’hier. Nous lui proposons de nous accompagner mais il décline notre offre préférant rouler à sa main ou plutôt à son pied.

 Nous reprenons notre chemin, mais au bout de quelques mètres Thierry nous avise que son pneu arrière est sous gonflé… En fait il est carrément à plat. Après une investigation en bonne et due forme, nous nous rendons compte que la valve ne fait plus son office et laisse l’air circuler dans les deux sens. Avec un peu de persuasion celle-ci se décide à remplir de nouveau les fonctions pour lesquelles elle a été placée sur la jante. Nous pouvons de nouveau repartir. Quelques kilomètres plus loin nous rencontrons nos amis du VTT51 Team en force. Nous tapons la causette et non pas la Cosette car nous ne sommes pas des Ténardier avant de nous dire que les 40 kilomètres restants ne vont pas se faire tous seuls. Après un long single nous nous arrêtons pour permettre à Catherine de recoller au groupe. Thierry qui continu son festival oublie de décaler en s’arrêtant et nous fait un magnifique roulé-boulé au fond d’un fossé. Après lui avoir demandé si tout allait bien nous éclatons de rire en voyant sa tête émerger d’entre les herbes. Malheureusement, voyageant légers, nous n’avons pas de quoi immortaliser le moment. Tel le paon faisant le beau devant sa femelle, notre Rémy Julienne des sentiers boisés, se dépêche de se remettre sur ses pattes avant l’arrivée de Catherine. Quelques kilomètres plus loin  c’est mon tour de goûter la saveur de la terre marnaise, un virage en bas d’une côte se terminant pas un kuchiki-daoshi qui vaudrait une victoire en finale des jeux olympiques.  Nous rencontrons peu de montées mais quand ça grimpe c’est très raide, technique et gras, bref ça fait mal aux pattes.

Voila le moment de nous séparer de nos presque-marnais. Tels de vieux loups affamés nous nous lançons à la poursuite d’une jeune gazelle blonde. Malheureusement pour nous la bestiole à le cuisseau affûté. Heureusement son niveau technique nous permet de lui montrer la supériorité de la gente masculine. Une descente sur une piste de DH, dont je n’arriverai pas à éviter un gap, nous permet de la distancer. Le nez dans le guidon nous faisons une première erreur d’aiguillage. Nous voilà de nouveau avec notre proie en point de mire. PTR parvient à la doubler rapidement avant un single. Pour ma part je reste coincé derrière elle. Mon souffle chaud sur sa nuque lui vaut de prendre une gamelle sur une grosse pierre. Après m’être assuré de l’intégrité de la demoiselle, je mets les watts pour la lâcher et rejoindre PTR. Une nouvelle fois nous ratons une bifurcation. En arrivant au ravitaillement nous retrouvons la demoiselle goguenarde qui reprend rapidement sa progression. Nous abandonnons la chasse et reprenons à notre tour notre avancée vers notre destination finale. Nous nous engageons dans un pierrier de plus d’un kilomètre. Les pavés volent dans tous les sens. Les organisateurs ont vraiment mis des passages « hard ». En bas nous retrouvons un large chemin. Cela nous semble bizarre car la rubalise si elle est toujours rouge et blanche, n’est plus la même. Après un quart d’heure à tourner dans tous les sens, je nous déclare perdu. N’ayant pas l’intention de jouer au JCD et ne voulant pas remonter le pierrier à pieds, je propose à  PTR de finir la randonnée par la route. Merci à Polar ! Nous enchaînons les larges chemins pour remonter et finalement nous retrouver à l’endroit de la méprise. Nous apprendrons plus tard, de la bouche des organisateurs, que ce matin des gens balisaient un trail qui doit avoir lieu demain… Nous arrivons enfin au dernier ravitaillement avec un peu plus de cinq kilomètres de rab au compteur. Il nous reste dix kilomètres à faire au milieu des vignes, ce qui nous plait beaucoup moins que les bois que nous n’avons pas quitté depuis le début. Nous retrouvons notre fusée blonde qui a brisé son dérailleur et attend l’assistance technique. Encore une fois La Fontaine a raison.

Après 5 heures 23 nous descendons enfin de nos montures pour utiliser une dernière fois notre éco-cup mais avec un autre breuvage que du sirop cette fois. Une belle sortie qui nous a fait mal aux jambes, heureusement nous avons prévu un décrassage pour demain. Mais cela est une autre histoire.

3 thoughts on “Le loup et l’agneau vs le lièvre et la tortue

  1. ChocoBob

    Tu as été plus rapide que Reynlad qui pourtant avait préparé 3/4 du CR depuis plusieurs semaines … Les mecs de la pointe ce n’est plus ce que c’était

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