Le grand bûcher du Luxembourg

J’ai connaissance par un flyer de la randonnée d’Hobscheid. Ayant mes traditionnelles emplettes trimestrielles à effectuer ce week-end au Luxembourg, cette manifestation me permettrait de joindre la dépendance à l’agréable. Par contre, mes prévisions m’orientaient vers Gédinne dont le ride de l’an passé m’avait laissé un excellent souvenir. 2 vidéos de la rando d’Hobschein me permettent d’arrêter mon choix sur le pays aux produits psychoactifs non taxés. Arnaud, après un temps d’hésitation, répond positivement à l’invitation déposée sur le bistrot des raidars du site du club. Pascal et Fabrice prennent le même cap mais avec un départ anticipé afin de retrouver leurs amis locaux aux spads nourris par Enovos.

Je m’aperçois en soirée que ma poignée de frein arrière reste toute molle. Malgré l’utilisation de plusieurs petits outils le levier refuse toujours de s’éloigner du grip. Ma burette ne lui donne pas plus d’effet Viagra. La mort dans l’âme, je me résous à ce que le Pivot ne soit pas de la partie. J’enlève la poussière du X-Flow et joue de la pompe basse et haute pression pour donner meilleure mine au mulet photophobique depuis 2 ans.

Après 1H20 de route nous remplissons le bulletin d’inscription et nous lançons sur le 63km malgré la météo incertaine. Le parcours commence par une longue montée. il me faut un temps d’adaptation pour gérer le triple plateau et éviter de tourner le grip dans le vide pour changer de pignon. La notion de multi-plateau et de shifter revenues, je peux, les jambes en feu, recoller  Arnaud. Parvenus sur les hauteurs nous oublions rapidement la douleur. Les chemins monotraces se succèdent. Le premier descend et propose quelques virages. Le suivant monte légèrement. 10 Km plus loin nous n’avons toujours pas retrouvé de larges sentiers. Je suis un couple de bikers. Le bon train de la demoiselle ne me permet pas de passer devant. J’attends donc une montée technique pour y parvenir. Un single montant parsemer de racine me laisse penser que je vais pouvoir porter mon attaque. Finalement , je parviens juste à rester coller à sa roue. Comme quoi la notion de sexe faible n’appartient plus qu’au fantasme des sexistes aigris roulant en Fiat 500. Je retrouve Arnaud la banane recouvrant son visage tant la trace ludique le réjouit. Nous sommes tous deux aussi excités que 2 pré-pubertaires à l’aube de leur première galoche à l’idée de poursuivre le parcours. Ce dernier préserve ses caractéristiques durant les 10 km suivants qui nous amènent au ravitaillement bien garni. Perdus au milieu des échanges franciques nous remontons en selle banane et autres dans l’estomac.

Nous descendons par une piste. Les changements de direction nous font rejoindre le même type de chemin large. Après 8 km, notre excitation de la première heure et demi ressemble plus à celle d’un couple après 30 ans de bons et loyaux services. La monotonie axe nos pensées sur la lourdeur de nos jambes suite à l’accumulations des Km. Heureusement, nous retrouvons des chemins forestiers pour nous redonner le sourire.  Nous entrons sur la boucle du 63 et du 93. Les montées deviennent plus raides et beaucoup plus longues ce qui me permet de rejoindre Arnaud que je ne peux suivre lorsque l’inclinaison s’inverse. Mes talents de descendeurs bien connus déjà en 29 pouces s’amenuisent avec ce retour au 26 dans le genre c’est la fête à la limasse. De plus, à chaque secousse je retrouve la sensation nauséeuse de ma tendre enfance assis à l’arrière d’une DS tant mon amorto est réglé trop souple. Les coups de cul se multiplient et cela devient la fête à la grimace mais nous restons sur les pédales alors que d’autres déclarent forfait. Le 2ème ravito est le bienvenu. Je m’acharne sur un gâteau riz succulent quasi à en sortir la bavette. Arnaud plus raisonnable diversifie sa collation.

Nous continuons à manger du dénivelé positif et négatif. Certains chemins deviennent gras et collants. nous n’avons pas le temps de nous ennuyer jusqu’au dernier ravitaillement. Restant 12 Km nous lâchons les watts pour nous tirer la bourre dans les très longs faux plats montants. Les cuisses chauffent comme le cœur d’un réacteur nucléaire d’autant plus que nous ne lâchons pas prise lorsque le pentu s’accentue. Dans le bas d’une descente une saignée transverse la passage. A 5 mètres de l’obstacle je prends conscience que ma roue en 26 » risque de ne pas ressortir du fond. Heureusement, je parviens à lever l’avant pour éviter la boite. Nous retrouvons de temps à autre du single. Nous jetons nos dernières forces. Tour à tour nous prenons la tête de la chevauchée finale.

Revenus au centre polyvalent, nous nous dirigeons vers l’organisation afin de savoir si une boisson ou un pain saucisse est offert à l’arrivée. En effet, la montant de l’inscription (8€ !) nous fait émettre l’hypothèse qu’un quelconque reconstituant est prévu gracieusement. Eh non. Il faudra à Arnaud sortir les euros pour nous hydrater et nous alimenter. Nous faisons le tour de la salle afin de trouver Pascal et Fabrice pour les saluer avant de prendre la direction du ravitaillement puis de la France.

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