A rouler comme un gland tu finis sans chaîne…

Quand j’arrive chez PTR après une matinée de boulot, la quasi totalité de la harde, ou de la troupe (les deux termes pouvant être employés selon le dictionnaire des amateurs de la galinette) est présente. Je me hâte de me changer pour rejoindre mes congénères seulement interrompu par un appel de Cacal perdu dans les rues de Balan, un double appel de Reynald que je n’ai pas le temps de prendre, un lacet qui casse, un GPS qui ne démarre pas un nouvel appel de Reynald qui est toujours perdu et des pneus dégonflés. On dirait que la loi de Murphy est de mise aujourd’hui ! Nos raidars en errance finissent par arriver. Je fais la connaissance de Yoann qui avait déjà roulé avec le groupe dimanche dernier.
Monsieur le Comte, l’écureuil, ChocoBob, Guitou, Reynald, Arnaud, PTR, Cacal, Yoann et moi décollons vers l’infini et au delà.
Nous avons quelques minutes de retard sur le programme, je crains de ne pas rentrer avant la nuit. La première partie roulante nous permet de tailler une bavette : qui a mis le petit Jésus dans la crèche le soir de Noël, qui a reçu un thermomix en cadeau, ou encore qui a beau casque malgré qu’il soit écrit Specialized dessus… Pendant ce temps Yoann discute peu étant appliqué à ne pas user la gomme de son pneu avant. Nous voila rapidement au Bannet. Un grand panneau rouge nous indique une chasse. Nous décidons d’emprunter la route forestière afin d’éviter une balle perdue. L’heure de l’apéro étant passée depuis longtemps, un bon chasseur aurait vite fait de prendre Yoann vêtu de jaune fluo des épaules aux cuisses pour un lapereau de six semaines alors qu’un mauvais chasseur, il voit que ça bouge, il tire. Arrivés sur la route forestière du Lazaret, nous rencontrons un groupe de randonneurs qui nous indique avoir également vu des panneaux indiquant la présence de disciples d’Artémis. Nous changeons d’option et décidons d’éviter les singles et les plombs dans le cul pour gagner le centre de ski de fond par la route. Une nouvelle fois nous observons Yoann sur la roue arrière : envieux, goguenard, jaloux, énervé, indifférent* ( *rayer la mention inutile – Non je déconne vous êtes en train de lire ce texte sur un écran d’ordinateur, tablette, téléphone ou autre outil multimédia donc l’écran n’appréciera pas forcément).
Nous arrivons enfin au centre de ski de fond. Cette fois nous attaquons véritablement le VTT. Après quelques mètres ChocoBob s’enthousiasme sur la qualité du sol allant même jusqu’à qualifier ce chemin de terre recouvert de feuilles de rocheux ! Après dix minutes de foutage de gueule, nous retrouvons notre sérieux pour gérer une descente boueuse. Le rythme est toujours élevé néanmoins tout le monde suit. Pas de doute nous sommes un groupe de guerriers. Cacal profite de la pause imposée par les grabataires prostatiques pour faire une photo du groupe.
Nous empruntons la route forestière Maurice-Aurélien Arnoult ( Historien belge spécialisé dans l’histoire de la Wallonie) avant de traverser l’autoroute par un tunnel à gibier. Single, ruisseau, mare de boue, cailloux s’enchaînent voir se mêlent pour notre plus grand plaisir. Nous franchissons la frontière au vu et su des douaniers et parvenons au moulin noir. Nous gagnons les hauteurs de Bouillon afin d’avoir une vue sur la Semois avant de dévaler vers la civilisation. Nous faisons un détour afin que Monsieur le Comte puisse se rendre compte de la gestion de sa boulangerie sur le fronton de laquelle trônent en lettres d’or « Philippe Le Grand ». Après cet intermède « Who’s who » nous attaquons le plat de résistance de notre sortie. Ce passage est un peu ce qu’est le chapon au repas de Noël : il fait envie sur le menu mais quand on l’a dans l’assiette on se demande pourquoi on en a pris autant. Si le début est sur la route et plutôt soft rapidement nous nous retrouvons avec tout à gauche et le cardio en zone rouge, ça se complique encore quand nous accèdons au chemin et pourtant le final s’avère pire avec un sol des plus collant. Cette difficulté est bien vite oubliée quand nous nous jetons dans la piste de DH. Yoann ouvre la marche, juste derrière je m’amuse à croiser avec Arnaud choisissant des trajectoires différentes. Arrivés au pont de Cordemois nous avons des moustiques collés sur les dents et l’odeur des plaquettes dans les narines. Guitou arrive nous annonçant que Reynald a mis le feu à la forêt tellement il a fait fumer les plaquettes.
Un peu de plat nous permet de reprendre nos esprits avant d’enchainer sur la dernière longue montée de la journée. Trois kilomètres et demi plus loin nous nous regroupons pour le final qui s’avère plus roulant. Alors que le soleil a déjà disparu derrière l’horizon, Yoann nous fait un relevé-coincé du dérailleur dans les rayons. Diagnostic de Docteur G : patte, dérailleur, chaîne. Nous avons le droit à l’amputation du dérailleur, au pontage du câble de dérailleur suivi de l’ablation de quelques maillons afin que Yoann puisse rentrer. Malheureusement Guitou n’est encore qu’interne et vu les résultats de l’opération, il n’est pas prêt d’avoir son diplôme de chirurgien. Heureusement le chemin est maintenant plus roulant, permettant de Yoann de nous suivre malgré qu’il soit obligé de remettre la chaîne en place tous les kilomètres. Nous dévallons la route forestière de la criquette, coupons à travers la futaie pour prendre les parcours balisés à l’envers et suivre la Givonne jusqu’à Olly. Nos trajectoires sont approximatives, car tous les chats sont gris depuis longtemps. Avec PTR et l’écureuil, nous profitons de la rivière pour rincer nos montures, nos pieds et nos fesses, la hauteur d’eau étant plus importante que prévue.
Nous voyons arriver Yoann sans chaîne, celle-ci ayant définitivement rendue l’âme. Il reste tout de même huit kilomètres. Yoann finit en courant à coté de son vélo. Nous sommes tous admiratifs de la performance celui-ci finissant avec les premiers. Cacal qui doit nous quitter, ne profite pas du chauffage au sol et des trois monts…
Après une année 2015 remplie de grands moments de VTT et d’amitié nous nous promettons que 2016 sera encore plus folle ou ne sera pas.

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